La bonne quotité n’est pas nécessairement 50/50 et la couverture maximale n’est pas toujours 100/100. La quotité indique la part du capital ou des échéances assurée sur la tête de chaque co-emprunteur. Pour un couple, la somme doit généralement atteindre au moins 100 % du prêt, mais elle peut monter à 200 % lorsque chacun est couvert à 100 %. Le choix pertinent dépend de la capacité du survivant ou du conjoint valide à continuer de payer, après prise en compte des revenus, des charges, de l’épargne, des enfants et des garanties réellement prévues au contrat.
Ce qu’il faut retenir
- À 50/50, un sinistre garanti sur l’un des assurés ne prend en charge que la moitié de la dette ou de l’échéance selon le mécanisme contractuel.
- À 100/100, chaque assuré est couvert sur la totalité : le coût est plus élevé, mais le survivant peut être libéré de tout ou partie très importante du prêt en cas de décès garanti.
- Une répartition 70/30 ou 60/40 doit découler d’un budget après sinistre, pas seulement du ratio des salaires actuels.
- Décès, PTIA, invalidité et incapacité n’entraînent pas nécessairement la même prestation ; lire la définition, la franchise et le caractère forfaitaire ou indemnitaire reste indispensable.
- La quotité peut souvent être ajustée lors d’un changement d’assurance, sous réserve de l’équivalence des garanties exigées par la banque et de l’acceptation du nouveau risque.
Cadre réglementaire et sources vérifiés le 20 juillet 2026. Les calculs illustrent une méthode de décision et ne remplacent ni l’offre de prêt, ni la fiche personnalisée, ni les conditions du contrat.
Comprendre la quotité sans jargon
Lorsqu’un crédit est souscrit par deux personnes, l’assurance doit répartir la couverture entre elles. La quotité de 50 % sur chaque tête signifie que chacun assure la moitié. La quotité de 100 % sur chaque tête signifie que chacun assure la totalité, soit 200 % au total. Entre les deux, toutes les répartitions acceptées par la banque et l’assureur peuvent être envisagées : 60/40, 70/30, 80/20, 100/50 ou 100/70.
La somme des quotités n’est pas le pourcentage du prix du bien détenu par chacun. Elle ne suit pas automatiquement la répartition de propriété indiquée dans l’acte, le montant de l’apport ou le régime matrimonial. Elle est une clé d’assurance appliquée au prêt et à l’assuré concerné lorsque survient un événement garanti. Un couple peut être propriétaire à parts égales et choisir 70/30 parce que ses revenus sont asymétriques ; il peut aussi acheter à 70/30 et retenir 100/100 pour protéger totalement le survivant.
La quotité ne doit pas non plus être confondue avec la garantie. Être assuré à 100 % sur la garantie décès ne signifie pas forcément que toutes les incapacités de travail seront indemnisées sans limite. Le contrat peut prévoir une franchise, un plafond, une durée, une définition professionnelle ou générale de l’incapacité, des exclusions et un calcul indemnitaire. Le pourcentage ne devient utile que si le sinistre entre dans le champ contractuel.
Enfin, la banque peut exiger un niveau de couverture comme condition du financement. La Banque de France rappelle que l’assurance emprunteur n’est pas imposée par la loi de manière générale, mais que le prêteur peut exiger certaines garanties. La fiche personnalisée décrit ces exigences et permet de vérifier l’équivalence d’une assurance alternative. La liberté de choix s’exerce donc à l’intérieur d’un cahier des charges précis.
Ce qui se passe réellement lors d’un sinistre
En cas de décès garanti
Dans la configuration la plus courante, l’assureur verse à la banque la part du capital restant dû correspondant à la quotité de l’assuré décédé. Si un prêt présente encore 300 000 € de capital et que la personne décédée est couverte à 50 %, l’assurance peut régler 150 000 €, sous réserve des conditions du contrat. Le survivant continue alors de rembourser le solde. À 100 %, le capital restant dû peut être intégralement réglé pour ce risque.
Ce mécanisme protège le logement, mais ne crée pas nécessairement de liquidité pour le foyer : le bénéficiaire de l’assurance emprunteur est généralement le prêteur à hauteur de sa créance. Les frais de vie, les études des enfants, les droits de succession éventuels et la baisse de revenu doivent être traités par d’autres ressources ou une assurance décès séparée.
En cas de perte totale et irréversible d’autonomie
La PTIA est souvent associée à une incapacité particulièrement grave nécessitant l’assistance d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie, selon la définition du contrat. La prestation peut prendre la forme d’un remboursement du capital assuré. Le besoin familial dépasse pourtant le prêt : adaptation du logement, aide humaine, véhicule et perte de carrière. Une quotité élevée réduit la dette mais ne couvre pas automatiquement ces dépenses.
En cas d’incapacité temporaire de travail
L’ITT donne souvent lieu à la prise en charge d’une fraction des échéances après une franchise. Certains contrats calculent la prestation forfaitairement à partir de l’échéance et de la quotité ; d’autres limitent le versement à la perte de revenu effectivement subie après prestations sociales. Un assuré couvert à 100 % peut donc ne pas recevoir l’équivalent intégral de la mensualité si la clause est indemnitaire et que la perte constatée est inférieure.
Le contrat définit aussi l’activité par rapport à laquelle l’incapacité est appréciée. Un cadre peut être incapable d’exercer sa profession habituelle mais jugé capable d’une autre activité. Un dirigeant qui continue certaines tâches à distance peut être considéré en reprise partielle. La quotité ne corrige pas une définition restrictive.
En cas d’invalidité permanente
Les garanties d’invalidité utilisent des seuils et des barèmes. Le CCSF a publié en juin 2026 un avis visant notamment une meilleure lisibilité des taux de référence et de l’incapacité professionnelle. Pour comparer un contrat, il faut regarder le seuil, le barème fonctionnel, le barème professionnel, la formule de combinaison et le montant versé entre les seuils. La quotité s’applique ensuite au mécanisme prévu.
Pourquoi le 50/50 peut être insuffisant
Le 50/50 est intuitif : deux emprunteurs, deux moitiés. Il est aussi souvent le niveau total minimal de 100 % le moins coûteux. Mais cette symétrie peut masquer une forte asymétrie économique. Si l’un gagne 7 000 € nets et l’autre 2 500 €, la disparition du revenu principal peut rendre la moitié restante du prêt insoutenable, même après le remboursement de 50 % du capital.
Le danger apparaît lorsque le couple calcule seulement le taux d’endettement actuel. Avant le sinistre, une mensualité de 2 400 € peut être raisonnable avec 9 500 € de revenus. Après le décès du conjoint principal, le survivant peut ne conserver que 2 500 €, tout en devant payer 1 200 € de mensualité résiduelle, les charges du logement, les dépenses des enfants et la fiscalité. Le ratio initial n’a plus de valeur.
Le 50/50 peut aussi être insuffisant pour un couple aux revenus proches si ses autres charges sont élevées, si le survivant doit réduire son temps de travail pour s’occuper des enfants, ou si la pension de réversion est inexistante ou différée. L’analyse doit tenir compte de la situation familiale et non seulement des salaires.
À l’inverse, le 50/50 peut être cohérent lorsque chacun peut assumer seul la moitié du prêt, que l’épargne est importante, que le bien peut être vendu sans difficulté, qu’aucun enfant n’est à charge et que le couple accepte ce niveau de risque. La décision est alors explicite, pas automatique.
Ce que protège le 100/100
La quotité 100/100 maximise la couverture du crédit sur chaque tête. En cas de décès garanti de l’un, l’objectif est que la dette assurée soit réglée intégralement, libérant le survivant de la mensualité. Cette protection est particulièrement lisible pour une résidence principale que le couple souhaite absolument conserver.
Le 100/100 réduit aussi le besoin de parier sur l’évolution future : carrière du conjoint, vente rapide du bien, aide familiale ou performance de l’épargne. Il donne une marge lorsque les revenus sont variables, lorsque les enfants sont jeunes ou lorsque les deux emprunteurs sont indispensables au budget. La prime supplémentaire achète une réduction du risque résiduel, pas un rendement.
Cette solution n’est toutefois pas automatiquement optimale. Si l’un des co-emprunteurs a un risque médical très coûteux, une couverture à 100 % peut entraîner une surprime élevée ou des exclusions. Une répartition différente, accompagnée d’une assurance décès ou d’un patrimoine liquide, peut parfois mieux répondre au besoin. Il faut comparer les prestations nettes et le coût sur la durée prévue du prêt.
Le 100/100 ne résout pas non plus les faiblesses de contrat. Une exclusion personnelle, un délai de carence, une franchise longue ou une définition restrictive restent applicables. Une police à 70 % avec de meilleures garanties peut être plus utile en incapacité qu’une police à 100 % qui ne reconnaît pas le sinistre. Le couple doit hiérarchiser les risques.
La méthode de décision en huit étapes
Étape 1 : noter le capital, la mensualité et la durée
La même quotité ne produit pas le même risque sur un prêt de 180 000 € sur quinze ans et sur un prêt de 800 000 € sur vingt-cinq ans. Notez le capital assuré, le tableau d’amortissement, la mensualité hors assurance, la part de chaque ligne de crédit et les éventuels différés. S’il existe plusieurs prêts, vérifiez la quotité sur chacun.
Étape 2 : mesurer les revenus réellement durables
Séparez salaire fixe, variable, dividendes, revenus indépendants, loyers et pensions. Appliquez une décote aux revenus volatils. Pour les entrepreneurs et professions libérales, utilisez plusieurs exercices. L’article consacré à l’assurance de prêt lorsque les revenus ne sont pas fixes détaille les justificatifs et les garanties à examiner.
Étape 3 : reconstruire deux budgets de survivant
Faites un budget si A décède ou devient invalide, puis un second si B subit le sinistre. Supprimez le revenu de la personne concernée, ajoutez les prestations certaines, réduisez les dépenses réellement évitables et conservez les charges familiales. Les deux résultats peuvent justifier des quotités différentes.
Étape 4 : intégrer les conséquences non financières immédiates
Le survivant pourra-t-il maintenir son activité ? Devra-t-il s’occuper davantage des enfants ou d’une personne dépendante ? Le logement restera-t-il adapté en cas de handicap ? Le couple veut-il absolument conserver le bien ? Ces choix transforment une équation de revenus en décision de vie.
Étape 5 : inventorier le patrimoine mobilisable
Épargne liquide, assurance-vie, portefeuille, autre bien immobilier, capital décès employeur et prévoyance peuvent réduire le risque. Mais distinguez capital disponible et capital destiné à un autre objectif. Un portefeuille retraite ou un bien locatif difficile à vendre n’est pas équivalent à une réduction immédiate du prêt.
Étape 6 : simuler chaque quotité sur le capital restant
Calculez le solde après remboursement assuré à 50 %, 70 % et 100 % pour plusieurs dates : aujourd’hui, dans cinq ans et dans dix ans. Transformez le solde en mensualité résiduelle ou en besoin de capital. Cette simulation révèle souvent qu’une petite hausse de quotité sur le revenu principal change fortement le reste à vivre.
Étape 7 : comparer les garanties et les exclusions
Utilisez la fiche standardisée d’information, la fiche personnalisée de la banque, les conditions générales et particulières. Relevez décès, PTIA, ITT, IPT, IPP, franchise, âge de fin, pratique sportive, déplacements et exclusions médicales. L’équivalence exigée par le prêteur est un plancher de comparaison, pas nécessairement le niveau idéal pour le couple.
Étape 8 : arbitrer le coût sur une base homogène
Comparez le coût total prévisionnel, le coût sur les huit premières années, le TAEA, l’assiette de cotisation et l’évolution avec l’âge ou le capital restant dû. Une cotisation initiale faible peut augmenter ; une cotisation calculée sur le capital initial peut rester constante tandis qu’une autre décroît. Le prix doit être rapproché de la période probable de détention du prêt.
Matrice 50/50, 70/30, 100/100
| Répartition | Protection en cas de décès garanti | Profil souvent compatible | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| 50/50 | La moitié du capital pour chaque tête | Revenus proches, forte épargne, mensualité résiduelle supportable | Tester le budget du survivant avec enfants et charges fixes |
| 70/30 | Protection renforcée sur le revenu principal | Revenus asymétriques, mais second revenu capable de supporter une partie du prêt | Ne pas sous-protéger la personne qui assure les tâches familiales |
| 100/50 | Totalité sur une tête, moitié sur l’autre | Forte dépendance à un revenu avec besoin minimal sur le second | Calculer les deux scénarios, pas seulement le décès du revenu principal |
| 100/100 | Totalité du capital sur chaque tête | Volonté de conserver le logement sans dette, enfants jeunes, revenus variables | Coût, sélection médicale et qualité réelle des garanties |
Cette matrice n’est pas un barème. Une répartition 70/30 ne signifie pas que les revenus doivent être exactement répartis à 70/30. Le revenu principal peut être couvert à 100 % si la disparition de ce revenu rend toute mensualité impossible. Le revenu secondaire peut aussi mériter 100 % s’il assure la garde, l’organisation familiale ou une contribution indispensable difficile à remplacer.
Choisir selon la situation du couple
Deux salariés aux revenus proches
Le 50/50 peut fonctionner si chacun peut payer la moitié du prêt avec son revenu net restant. Il faut toutefois intégrer la fiscalité du foyer après décès, les frais de garde et la baisse éventuelle de disponibilité professionnelle. Avec de jeunes enfants, 100/100 peut correspondre à un choix de sécurité même lorsque les salaires sont égaux.
Un cadre et un conjoint à temps partiel
Une quotité plus élevée sur le cadre semble logique, par exemple 80/20 ou 100/50. Mais le conjoint à temps partiel apporte parfois un travail domestique et éducatif dont le remplacement a un coût. Si ce conjoint décède ou devient invalide, le cadre peut réduire son activité. Le revenu comptable ne mesure pas toute la dépendance.
Deux entrepreneurs
Les revenus peuvent être corrélés au cycle économique et plus variables. Utilisez une moyenne prudente, examinez les contrats de prévoyance professionnels et testez la capacité des entreprises à fonctionner sans chaque dirigeant. Une quotité élevée protège la dette, tandis que la prévoyance maintient le revenu. Pour un entrepreneur, le dossier sur la preuve de stabilité financière auprès de l’assureur complète utilement l’analyse.
Un dirigeant de SAS et un salarié
Le dirigeant peut se verser une rémunération et des dividendes, avec une prévoyance différente de celle du salarié. La quotité doit partir des revenus protégés en cas de sinistre, pas du dernier avis d’imposition. Les garanties essentielles pour un dirigeant de SAS doivent être relues en tenant compte de l’activité réellement exercée.
Une famille recomposée
La volonté de conserver le logement peut différer selon les droits de propriété, les enfants de précédentes unions et la convention entre partenaires. L’assurance emprunteur rembourse la banque mais ne règle pas toutes les questions successorales. Une analyse notariale et une assurance décès distincte peuvent être nécessaires. La quotité ne remplace pas l’organisation patrimoniale.
Un investissement locatif
Le loyer peut absorber une partie de la mensualité, mais il peut diminuer en cas de vacance, d’impayé ou de travaux. Le couple peut accepter une quotité inférieure si le bien est destiné à être vendu après un sinistre. Cette stratégie doit intégrer le délai et les frais de vente, la fiscalité et le risque que le marché soit défavorable.
Relier quotité et qualité des garanties
Une décision de quotité doit être répétée pour chaque risque. Les conditions particulières peuvent afficher la même quotité pour toutes les garanties, mais il faut le vérifier. Certains montages répartissent différemment décès/PTIA et incapacité/invalidité. La banque impose ses critères ; le couple peut demander une protection supérieure si le contrat le permet.
Décès et PTIA : le capital au premier plan
Pour ces risques, la question est généralement le capital restant dû couvert. Vérifiez les exclusions, l’âge limite, les événements couverts et la date d’effet. Le suicide fait l’objet de règles et de clauses spécifiques ; les activités à risque peuvent être exclues ou rachetées. La résidence principale bénéficie de dispositions légales particulières, mais le contrat doit toujours être lu.
ITT : l’échéance et la perte de revenu
Vérifiez si l’assureur verse une prestation forfaitaire ou indemnitaire. Dans un contrat indemnitaire, une personne dont le salaire est maintenu peut ne pas percevoir l’intégralité de la fraction d’échéance attendue. Pour un dirigeant ou un indépendant, les justificatifs de perte et la définition de l’activité deviennent essentiels. Une quotité de 100 % n’est pas synonyme de chèque égal à 100 % de la mensualité.
Invalidité : le taux avant le pourcentage
Un assuré peut être couvert à 100 % mais ne franchir aucun seuil d’invalidité contractuelle. Comparez les barèmes et l’activité de référence. L’avis du CCSF de juin 2026 vise à améliorer la transparence, notamment avec des seuils de référence et des exemples, mais les documents de chaque offre restent déterminants au moment de la souscription.
Franchise, carence et reprise
Une franchise de 90 jours signifie que le couple doit financer trois mois de mensualités avant une éventuelle prestation ITT. Un délai de carence peut exclure certains sinistres survenus peu après l’adhésion. La reprise partielle peut réduire ou interrompre le versement. Testez le besoin de trésorerie indépendamment de la quotité.
Comparer le coût sans sacrifier la protection
Le coût augmente généralement avec la quotité, mais pas toujours de façon strictement proportionnelle. L’âge, la santé, la profession, le tabagisme, les sports, le capital et les garanties influencent la prime de chaque assuré. Passer de 50 à 100 % sur une tête jeune et peu risquée peut coûter moins que renforcer légèrement la tête présentant un risque médical élevé.
Comparez plusieurs architectures, pas seulement plusieurs assureurs : 50/50, 70/30, 100/50 et 100/100. Pour chacune, notez le coût total, le coût sur la durée probable de détention, la mensualité résiduelle après décès de A, celle après décès de B, et le déficit de revenu en incapacité. Cette grille transforme le prix en décision économique.
Le taux annuel effectif de l’assurance facilite certaines comparaisons, mais il ne résume pas les garanties. Deux TAEA proches peuvent couvrir des définitions différentes. Le coût doit être lu avec la fiche personnalisée et les conditions. La Banque de France présente cette fiche comme l’outil permettant de rapprocher les exigences du prêteur et le contrat alternatif.
Une économie peut aussi venir d’une délégation ou d’un changement de contrat, pas seulement d’une quotité réduite. L’article sur les économies possibles grâce à la délégation d’assurance expose les points de comparaison. Réduire la couverture pour baisser la prime est une décision de risque ; obtenir un tarif plus compétitif à garanties équivalentes est une optimisation différente.
Modifier la quotité ou changer d’assurance
La loi Lemoine permet la résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur des crédits immobiliers concernés, sous réserve notamment de présenter un niveau de garantie équivalent à celui exigé par le prêteur. Cela ouvre une occasion de réexaminer la quotité, mais le nouveau contrat doit être accepté avant que l’ancien ne soit résilié.
Commencez par demander la fiche personnalisée et le capital restant dû. Définissez la nouvelle répartition, sollicitez les tarifications et répondez sincèrement aux formalités requises. Pour certains crédits immobiliers, la loi interdit la collecte d’informations de santé lorsque la part assurée par personne n’excède pas le seuil légal et que le prêt se termine avant l’âge prévu ; l’application exacte dépend du montant assuré par tête, donc de la quotité.
Cette interaction est importante : sur un prêt élevé, répartir le capital entre deux personnes peut placer chacun sous ou au-dessus du seuil de questionnaire médical. Il ne faut pas manipuler artificiellement la quotité, mais comparer les solutions conformes au besoin et aux conditions légales. Si une personne présente un antécédent, la convention AERAS peut s’appliquer selon le dossier.
Lors d’une modification, contrôlez la date d’effet, les éventuels délais, les exclusions nouvelles, la couverture pendant le traitement bancaire et la réception de l’avenant. Ne cessez jamais le paiement de l’ancienne prime de votre propre initiative. La continuité de couverture prime sur l’économie de quelques semaines.
Quatre cas pratiques chiffrés
Cas 1 : revenus 6 000 € et 3 000 €, prêt de 420 000 €
La mensualité hors assurance est de 2 200 €. À 50/50, le décès du revenu principal laisse environ la moitié de la dette et une mensualité proche de 1 100 €, à supporter avec 3 000 € avant les autres charges. Le budget du survivant montre un déficit. Une répartition 100/50 ou 100/70 peut être plus cohérente. Le décès du second revenu doit aussi être testé, car le revenu principal devra financer garde et organisation familiale.
Cas 2 : deux revenus de 4 500 €, prêt de 300 000 €
La mensualité est de 1 550 €, sans enfant, avec 120 000 € d’épargne liquide. Chaque conjoint peut payer une demi-mensualité après un décès. Le 50/50 est défendable si le couple accepte de mobiliser son épargne ou de conserver une dette. Le 100/100 reste un choix de confort patrimonial : il préserve l’épargne et libère le logement.
Cas 3 : dirigeante 8 000 €, conjoint 1 800 €, deux enfants
Une simple proportion des revenus conduirait à environ 82/18. Mais le conjoint à faible revenu assume une grande partie de la garde. En cas de décès de la dirigeante, le prêt doit être fortement couvert. En cas de décès du conjoint, la dirigeante doit acheter des services ou réduire son activité. Une solution 100/50, 100/70 ou 100/100 doit être chiffrée avec les coûts familiaux, plutôt qu’un 80/20 mécanique.
Cas 4 : couple d’indépendants avec revenus variables
Le prêt est de 550 000 €, la mensualité de 2 900 € et les revenus moyens de 5 500 € et 4 000 €, mais les activités sont sensibles au même cycle. Une quotité 50/50 semble correspondre aux revenus, pourtant le survivant pourrait subir simultanément une baisse d’activité. Le 100/100 apporte une résilience supérieure, à comparer avec le coût et l’assurabilité. Une réserve de douze mois complète l’ITT.
Les erreurs fréquentes
Copier la répartition des revenus
Un ratio de revenus ne mesure ni les charges, ni le travail familial, ni les prestations, ni le patrimoine. Il constitue un point de départ, jamais la décision finale.
Choisir 50/50 uniquement parce que la banque le propose
La proposition standard répond au processus de financement. Le couple doit vérifier son propre reste à vivre après chaque sinistre. Le minimum accepté par le prêteur n’est pas une recommandation patrimoniale personnalisée.
Choisir 100/100 sans lire les garanties
Une quotité maximale sur une garantie restrictive crée une fausse impression de sécurité. La définition du sinistre, les exclusions et la prestation passent avant le pourcentage.
Oublier les prêts multiples
Un financement peut réunir prêt principal, prêt à taux zéro, prêt employeur et relais. Les quotités peuvent différer. Il faut cartographier chaque ligne et vérifier les dates de fin.
Compter deux fois l’épargne
La même épargne ne peut pas financer la franchise ITT, les études des enfants et le remboursement anticipé du prêt. Affectez une fonction à chaque réserve ou appliquez une marge de sécurité.
Négliger la fiscalité et les frais après décès
La suppression d’une mensualité ne supprime pas les charges du logement. Taxes, entretien, copropriété et énergie restent dus. Le foyer fiscal change, ce qui peut modifier l’impôt et certaines aides.
Résilier avant l’acceptation définitive
Un nouveau tarif indicatif n’est pas un contrat en vigueur. Attendez l’acceptation, l’accord bancaire et la date d’effet. Conservez toutes les preuves.
Questions fréquentes
La somme des quotités doit-elle toujours faire 100 % ?
Le prêteur exige généralement une couverture totale minimale de 100 %, répartie entre les co-emprunteurs, mais ses exigences exactes figurent dans la fiche personnalisée. La somme peut dépasser 100 % jusqu’à 200 % pour deux emprunteurs couverts chacun à 100 %.
50/50 signifie-t-il que chacun paie la moitié de la prime ?
Pas nécessairement. La prime dépend du risque de chaque assuré, de son âge, de ses garanties et du tarif. Deux quotités identiques peuvent produire des cotisations différentes.
Peut-on choisir 100 % sur une seule tête ?
Le prêteur peut l’accepter selon le dossier, notamment si un seul revenu porte le remboursement. Mais le couple doit mesurer ce qui se passe si l’autre personne décède ou devient invalide. Son absence peut créer des coûts même avec peu de revenu.
La quotité s’applique-t-elle à toutes les garanties ?
Il faut le vérifier. Les conditions particulières détaillent les quotités et prestations par assuré et par garantie. Ne transposez pas automatiquement le pourcentage décès à l’ITT ou à l’invalidité.
Peut-on changer de quotité en cours de prêt ?
C’est souvent possible via une modification ou un changement d’assurance, avec accord de l’assureur et respect des exigences du prêteur. Une augmentation peut nécessiter une nouvelle sélection du risque. La continuité de couverture doit être organisée.
Quel est le meilleur choix pour un couple avec enfants ?
Il n’existe pas de pourcentage universel. Les enfants augmentent souvent le besoin de sécurité et peuvent justifier une quotité supérieure, mais le budget, le patrimoine, la garde et les revenus déterminent la répartition. Simulez les deux décès et l’invalidité.
100/100 est-il toujours beaucoup plus cher ?
Le coût augmente, mais son ampleur dépend du profil de chaque assuré et du contrat. Une délégation bien tarifée peut permettre une quotité supérieure à coût voisin d’un contrat groupe moins personnalisé. Comparez des scénarios homogènes.
La banque peut-elle refuser une assurance moins chère ?
Elle peut refuser un contrat qui ne présente pas un niveau de garantie équivalent à ses exigences, mais le refus doit être motivé selon le cadre applicable. Le prix n’est pas le critère d’équivalence. Utilisez la fiche personnalisée pour préparer la demande.
Faut-il réviser la quotité après une naissance ou une hausse de revenus ?
Oui, au moins sous la forme d’un nouvel audit. Une naissance augmente souvent la durée pendant laquelle le logement et le revenu doivent être sécurisés. Une hausse de revenus peut accroître le niveau de vie, mais elle peut aussi rendre le survivant plus autonome si elle concerne le revenu secondaire. À l’inverse, un passage à temps partiel, une création d’entreprise, une séparation des patrimoines ou un nouvel engagement de caution peut fragiliser une répartition auparavant cohérente.
La revue ne conduit pas toujours à modifier le contrat. Elle peut confirmer la quotité, renforcer une assurance décès distincte ou augmenter l’épargne de sécurité. Si une modification est retenue, comparez les nouvelles conditions médicales et contractuelles avec les garanties déjà acquises. L’objectif n’est pas de poursuivre en permanence la prime la plus basse, mais de conserver une protection qui suit la réalité du couple sans perdre une couverture devenue difficile à souscrire.
La décision finale : couvrir la conséquence, pas seulement le revenu
La quotité optimale est celle qui laisse à chacun un budget viable dans le scénario où l’autre ne peut plus contribuer. Elle résulte d’un calcul sur le capital restant, les revenus maintenus, les charges, les enfants, l’épargne et les prestations. Le 50/50 est une solution simple ; le 70/30 exprime une asymétrie ; le 100/100 maximise la sécurité du logement. Aucun de ces choix n’est bon sans contexte.
Commencez par deux budgets de survivant et deux scénarios d’invalidité. Puis comparez au moins trois répartitions sur une grille identique. Enfin, lisez les définitions et les exclusions avant de regarder le prix. Cette séquence évite de payer pour un pourcentage rassurant mais inadapté, ou d’économiser sur une quotité qui laisse une dette impossible à porter.
Comparer vos quotités et votre assurance de prêt
Adequation peut chiffrer la mensualité résiduelle pour chaque co-emprunteur, relire les garanties exigées par la banque et comparer plusieurs répartitions sans dissocier le coût de la protection réelle.
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Sources et références
- Banque de France — glossaire du CCSF, assurance emprunteur et fiche personnalisée, consulté le 20 juillet 2026.
- Ministère de l’Économie — informations dues par la banque pour un crédit immobilier, consulté le 20 juillet 2026.
- Banque de France — avis 2026 du CCSF sur la lisibilité et le renforcement des garanties, consulté le 20 juillet 2026.
Les exemples ne préjugent pas du calcul d’un assureur ni de l’accord d’une banque. La prestation dépend du contrat, du sinistre, des justificatifs, des exclusions et de la quotité applicable. Pour une décision engageante, confrontez la méthode à l’offre de prêt, au tableau d’amortissement, à la fiche personnalisée et aux conditions complètes de l’assurance.



